Enfantillages du 12/09/2018

image podcast

programme de la journée

Jean-Philippe Arrou-Vignod est notre invité cette semaine.

Bienvenue dans Enfantillages, le magazine des enfants qui aiment lire et des adultes qui ont su garder leur âme d’enfant.
A Enfantillages, nous avons un désir : faire partager ce que l’illustre passeur de littérature Valery Larbaud nommait «ce vice impuni la lecture» .

Ancien élève de l’École normale supérieure de Saint-Cloud, Jean-Philippe Arrou-Vignod est agrégé de lettres modernes,
Longtemps, il s’est partagé entre enseignement et écriture.

En 1984, septembre a été le mois de sa première rentrée à double titre, scolaire et littéraire. Il a aussitôt reçu le Prix du Premier Roman pour Le Rideau sur la nuit.
Il a depuis été entre autres lauréat, en 1997, du Prix Renaudot des lycéens pour L’Homme du cinquième jour et, en l’an 2000, du Prix Renaudot des benjamins pour La Soupe de poissons rouges.
Il écrit à la fois pour les adultes et pour la jeunesse. Ses séries Enquête au collège, Histoires des Jean-Quelque-chose et Rita et Machin sont des succès de librairies. Son éditeur, Gallimard Jeunesse, où il est lui-même directeur de collection, évoque les 3 millions d’exemplaires vendus. Son œuvre figure en bonne place sur les listes de recommandation de l’Education nationale. Il anime des ateliers d’écriture à la NRF. Il a aussi écrit pour le théâtre et la télévision. Son œuvre jeunesse compte une cinquantaine de titres, surtout des romans
autobiographiques, policiers et fantastiques mais aussi des albums pour les plus petits et, dernièrement, un conte.

Une Famille aux petits oignons – Histoires des Jean-Quelque-Chose, L’Intégrale 1 et 2
de Jean-Philippe Arrou-Vignod, illustré par Dominique Corbasson, éditions Gallimard Jeunesse. « De 7 à 77 ans. »

De Cherbourg à Toulon, on suit les pérégrinations d’une fratrie de six frères, les Jean, de Jean-A à Jean-F, dans l’ambiance vintage des années 60. Les adorateurs du Petit Nicolas ne peuvent que succomber à cette saga familiale tendre et hilarante racontée, de l’enfance à l’adolescence, par le double romanesque de l’auteur, Jean-B, lecteur compulsif et ex-futur détective. Un régal intergénérationnel.

Le Camembert volant
de Jean-Philippe Arrou-Vignod, illustré par Dominique Corbasson, lu par Laurent Stocker de la Comédie-Française, livre-disque collection « Ecoutez lire », éditions Gallimard Jeunesse. Dès 8 ans.

Prix des Incorruptibles CM2-6e, ce deuxième opus des Histoires des Jean-Quelque-Chose raconte en particulier des vacances à la campagne d’anthologie chez papy Jean.

Un Petit Pois pour six
de Jean-Philippe Arrou-Vignod, illustré par Dominique Corbasson, collection « Grand format littérature », série « Romans Junior », éditions Gallimard Jeunesse. Dès 9 ans.

Retour à Cherbourg pour cet épisode inédit des Jean-Quelque-Chose qui nous fait assister à la naissance émouvante d’un écrivain, Jean-B, « pour vivre en imagination toutes les aventures qui ne m’arrivent jamais ».

Enquête au collège
de Jean-Philippe Arrou-Vignod, illustré par Serge Bloch, collection « Folio Junior », éditions Gallimard Jeunesse. Dès 9 ans.

Admirateur, enfant, du mythique Club des cinq d’Enid Byton, Jean-Philippe Arrou-Vignod a écrit une comédie policière alliant suspense et humour. On suit avec jubilation les aventures de Rémi le cancre, Pierre-Paul le fort en thème et Mathilde la maligne illustrées par Serge Bloch.

Magnus Million et le dortoir des cauchemars et Mimsy Pocket et les enfants sans nom
de Jean-Philippe Arrou-Vignod, illustrés par Erwann Surcouf, collection « Folio Junior » et collection « Grand format littérature », série « Romans Junior », éditions Gallimard Jeunesse. Dès 11 ans.

Pour les plus grands, ces deux romans finement écrits nous entraînent dans la quête de Magnus Million, fils d’un businessman de Sillyrie atteint de narcolepsie et de Mimsy Pocket, monte-en-l’air astucieuse aux yeux de chat. Le premier parviendra-t-il à percer le mystère du lycée des sciences de Friecke où un mystérieux gaz Emeraude a entrouvert la porte des
rêves ? Sa comparse déjouera-t-elle le piège des hommes-loups à la solde de la dame en
noir ? Une promesse de délicieux frissons.

Le Prince Sauvage et la renarde
de Jean-Philippe Arrou-Vignod, illustré par Jean-Claude Götting, collection « Albums Junior », éditions Gallimard Jeunesse. Dès 9 ans.

Le bien prénommé prince Sauvage n’aime que le sang. Il est toujours à l’affût de quelque bête à tuer, à découper, à écorcher. Jusqu’au jour où traquant un cerf, il tombe à terre, prisonnier d’un piège à loup qu’il a lui-même posé. C’est la Renarde, en deuil de ses petits sacrifiés pour une toque, qui va initier ce « brutasson » à la vertu et à l’humanité. Ce conte profond est aussi un très beau livre, grâce aux illustrations de Jean-Claude Götting.

Rita et Machin et Les Courses de Rita et Machin
de Jean-Philippe Arrou-Vignod, illustré par Olivier Tallec, collection « Rita et Machin », éditions Gallimard Jeunesse. Dès 4 ans.

« C’est son anniversaire, mais Rita fait la tête ». Qui rendra le sourire à cette petite boule d’énergie ? Un « petit bout de chien », aussitôt baptisé Machin. Le début émerveillé d’une très belle amitié avec « des milliers de bêtises à faire ». Le verbe tendre de Jean-Philippe Arrou-Vignod se marie avec bonheur aux dessins hyper expressifs et pleins de peps d’Olivier Tallec, où le rouge claque.

Mon livre préféré

Rémi, enfant et lecteur, nous parle de son livre de chevet :

Chat perdu de Jean-Noël Blanc, collection « Folio Junior », éditions Gallimard Jeunesse.

Le micro en balade


Direction la Cartonnerie, ancien atelier reconverti du très branché 11e arrondissement de Paris, à l’invitation de l’Ecole des loisirs. Entre baby-foot et pains bio au charbon, nous y avons glissé notre micro à la rencontre de Marie Desplechin et Claude Ponti, qui publient ensemble un très bel album, intitulé Enfances. Du dalaï lama à Louis XIV, en passant par Piaf, Alan Turing et d’illustres inconnus, ce sont 62 portraits ciselés, l’une de sa plume, l’autre de ses pinceaux, odes à la grâce et à la puissance de l’enfance.

Tout nouveau tout beau

Pour commencer, rentrée oblige, 3 titres sur le retour à l’école.
Le plus tendre est pour les tout-petits qui font leurs premiers pas en classe.

C’est La Rentrée des animaux de Noé Carlain, illustré par Hervé Le Goff, collection « Poivre et compagnie », éditions de l’Elan vert. Dès 3 ans.
La boîte à doudous des louveteaux, la sieste qui dure deux mois des oursons, l’appel des chauves-souris les chaises au plafond. Comment se passe la rentrée chez nos amis à poils et à plumes ? Les dessins d’Hervé Le Goff sont adorables et dédramatisent drôlement la séparation.

Changement de tonalité dans L’Ecole, maman et moi de Clotilde Delacroix, éditions du Seuil Jeunesse. Dès 5 ans.

On quitte le pastel pour un humour nettement plus grinçant. Cet album drôlissime et iconoclaste pulvérise avec brio le consensus guimauve sur les délices attendues de l’école. La petite héroïne lapine est hermétique à l’enthousiasme forcé de sa mère pour lui survendre la rentrée, son nouveau maître, ses nouveaux copains. – « Tu devrais peut-être y aller à ma place… ». La piscine ? « Ah non, désolée c’est pas possible, j’ai ‘’mal au ventre ‘’ de prévu’’. » Sa mère « ne connaît (plus) qu’un seul verbe qu’elle adore conjuguer à l’impératif.
‘’ Dépêche-toi !’’ »
. Perplexité quand elle surprend la fillette à jouer à la maîtresse en burn out qui hurle sur son ourson. Aucun risque qu’elles succombent aux pièges consuméristes : tu préfères ce cartable solide et bon marché ou celui qui est « hors de prix et certainement fabriqué par des petits enfants au fin fond d’une obscure usine ? ». A chaque page, on rit aux éclats à cette description défiltrée et décomplexante de notre marathon quotidien d’enfants et de parents.

Au Seuil toujours, Jake le Fake – A l’assaut du collège de Craig Robinson et Adam Mansbach, illustré par Keith Knight, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Yves Sarda. Dès 9 ans.

« Mon plan était d’espérer que l’été ne finirait jamais et que je ne retournerais pas à l’école. J’aurais dû me douter qu’il allait échouer ». Pourquoi Jake n’est-il pas heureux d’intégrer la prestigieuse Académie d’art et de musique ? La faute au complexe de l’imposteur. Car Jake a triché à l’examen d’entrée. En vrai, il déteste le piano et ne peut d’ailleurs en jouer qu’un morceau, 6e bidon parmi l’élite en herbe comme sa sœur Lisa qui le jauge avec un ennui extrême. « Qui es-tu, toi déjà ? » souligne le dessin hilarant. – « Ton petit frère ». – « T’as une pièce d’identité ? ». Ici même la cantine est sélecte. On n’y sert que chips de courgettes et pesto de roquette. Jake a-t-il été démasqué par le charismatique et excentrique professeur Allen ? Jamais l’ex-prodige qui s’est produit à Carnegie Hall à 7 ans ne lui demande de jouer du piano. Juste d’arroser les fougères. Et le gratifie pour cela d’un stégosaure violet, la note maximale. Jake comprend alors que pour s’intégrer, il va lui falloir la jouer bizarre, être « plus zarb que zarb », « hisse(r) haut le drapeau des barjos ». Jake le Fake revisite avec bonheur le thème rabattu de la rentrée au collège en version ricaine et loufoque.

Pour toute la vie de Sophie Helminger, illustré par Didier Jean & Zad , éditions Utopique. Dès 6 ans.

Saluons Utopique, auto proclamée « cabane d’édition » en Corrèze, qui propose dans la collection « Bisous de famille » un album pudique et fort sur le thème délicat du deuil périnatal. Lilou a remarqué la tristesse de maman avec son ventre rond. Elle imagine en être la cause jusqu’à ce que sa grand-mère trouve les mots. « Ton petit frère est parti pour toute la vie ». Du gris au noir, avec de grands aplats blancs et rouges, les images oniriques adoucissent le propos.

Et pour finir, 2 livres qui célèbrent chacun à sa façon la littérature.

Veux-tu lire avec moi ?
de Lawrence Schimel, illustré par Thiago Lopes , traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Christine Mignot (édition originale en portugais), éditions Circonflexe. Dès 4 ans.

« Antonio savait déjà lire tout seul, mais il avait envie de le faire avec quelqu’un. » Tout est dit dès la première phrase de ce livre épuré sur le désir de lire ensemble. On suit l’enfant, son livre rouge à la main, dans ses pérégrinations dans la ville blanche écrasée de soleil. Tous les adultes sont trop occupés. Tous ?

Quelle belle proposition que Mon Carnet d’écrivain (éditions Usborne. Dès 9 ans),

paradoxalement dénué de tout nom d’auteur ! « Lire c’est écrire et écrire c’est lire » disait Philippe Forest. Ce cahier propose à l’enfant lecteur de sauter le pas dans ces pages où clignotent de séduisantes invitations. Quel sera le déclic ? Ce que tu vois, ce que tu ressens ? Un titre, un décor, une esquisse de personnages ? Une amorce d’intrigue, la première ligne d’un roman, « La nuit respirait dans l’appartement comme un animal tapi dans l’ombre » ? C’est riche et stimulant, de quoi susciter bien des vocations.


Signalons toujours aux éditions Usborne les deux très beaux volumes en collaboration avec la National Gallery de Londres sur L’Histoire de l’art de Sarah Courtauld, illustré par Karine Bernardou, traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Pascal Varejka et les Tableaux célèbres de Megan Cullis, illustré par Mark Beech, traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Jean-Noël Chatain, qui offrent à moins de 12 € un panorama complet de la peinture.
Vive la vulgarisation !

La page musicale : Serenade for a Doll, extrait du Children’s Corner de Claude Debussy, interprété au piano par Chenyin Li.

@Enfantillages_

Enfantillages100.7@netc.fr

Florence Dutheil