Enfantillages du 24/10/2018

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programme de la journée

Le magazine des livres pour enfants.


Serge BLOCH est l’invité d’Enfantillages.

Bienvenue dans Enfantillages, le rendez-vous des enfants qui aiment lire et des grands qui ont su garder leur âme d’enfant. A Enfantillages, nous avons un désir : faire partager ce que l’illustre passeur de littérature Valery Larbaud nommait « ce vice impuni la lecture ».

Serge BLOCH nous a reçu dans son atelier parisien à deux pas du canal Saint-Martin. Pendant ce temps, Eulalia, qui veille sur la famille depuis un quart de siècle, peaufinait le ménage déjà plus que parfait de ce grand espace blanc ponctué d’œuvres du maître des lieux.

Serge BLOCH est auteur et dessinateur. Il dessine pour l’édition, la presse et la communication.
C’est aussi un artiste exposé dans le monde entier – il rentrait de Chine et repartait
en Suisse – couvert de prix, de Montreuil à Bologne, en passant par New York.

Ancien des Arts Déco de Strasbourg, il aime dire qu’après ces trois années de formation, il a passé sa vie à désapprendre. Amoureux du papier journal, « un papier vivant, ni glacé ni blanc », il a été rédacteur en chef et directeur artistique de la presse jeunesse chez Bayard. Il collabore aux mythiques Washington Post et Wall Street Journal.

Sa spécialité, c’est le dessin au trait.

Pas un jour sans une (seule) ligne, préconisait Pline l’Ancien. Serge BLOCH a fait sienne cette ascèse. Et chaque jour, du même geste précis que celui de ses ancêtres bouchers à Colmar – comme il le raconte dans La Rue de l’Ours, sorti il y a peu à l’Iconoclaste – chaque jour, la plume ayant remplacé la lame, il travaille à l’atelier.

Heureux père de deux garçons avec la plasticienne Mireille Vautier – Samuel passera une tête durant l’entretien – il est le papa de nombreux enfants de papier. Les plus illustres étant Samsam, « le plus petit des super héros » et Max et Lili, avec Dominique de Saint-Mars. Max et Lili, c’est à la fois une institution présente dans chaque bibliothèque de France et un phénomène éditorial puisqu’il s’en vend dit-on 1,2 millions d’exemplaires par an.

Mais avec plusieurs centaines de titres publiés, son œuvre va bien au-delà. De Flaubert à Jarry, en passant, entre autres, par la Bible, Jean-Bernard Pouy, Pennac, Desplechin, Morgenstern, Arrou-Vignod, Cali, Murail et même Renaud et CharlElie Couture, sans oublier bien sûr ses propres textes, Serge BLOCH a tout illustré.
Mais on reconnaît tout de suite son trait simplifié à l’extrême, maîtrisé et direct.

Chronique des livres de l’invité

Mon petit roi de RASCAL, illustré par Serge BLOCH, éditions Tom Poche. Dès 6 ans.

« Chaque ligne signifie quelque chose », dit Basquiat dans l’exergue. Après le premier trait à l’encre de Chine, l’« histoire à naître » se déploie. Le petit roi qui se rêve blond prend vie, sous les doigts de son créateur photographiés en gros plan. Allez, raconte, encore une fois !

Eux c’est nous – L’Instinct, le cœur et la raison de Daniel PENNAC, suivi de Réfugiés en 8 lettres de Carole SATURNO et Jessie MAGANA, illustré par Serge BLOCH, lu par Sandrine BONNAIRE, collection « Cimade », coédition. Dès 6 ans.

Un frêle bateau en papier journal avec à son bord des réfugiés entassés dessinés au trait. Un homme assis les jambes repliées, le visage dévoré par son regard démesuré, le même que celui de cette femme qui est partie en portant sa vie dans sa valise. Ce sont des figures universelles de l’étranger en fuite. « Ces gens dont nous pourrions faire partie, qui pourraient être moi, toi, vous. Nous. Mais qui sont eux. » comme l’écrit Daniel Pennac, lu par la belle voix claire et forte de Sandrine Bonnaire. « Dès qu’il s’agit de ne pas aider quelqu’un, on entend tout. À commencer par le silence. ». On ne voit en eux qu’altérité et menace. Mais ils sont venus chez nous, rappelle le romancier, et ils sont devenus une partie de nous. Chacun fuyait un péril imminent : les juifs d’Europe centrale les persécutions, les Arméniens le génocide, les Russes la révolution, les Espagnols le franquisme et la guerre, les Italiens du Sud et les Polonais la misère. Puis ce furent les Portugais. Les Algériens, Tunisiens, Marocains, Africains décolonisés. Les Chiliens, Argentins, Brésiliens, qui fuyaient leurs dictatures. Les Vietnamiens, Cambodgiens et Chinois du Vietnam. Les victimes de l’ex-Yougoslavie. Les Grecs martyrisés par leurs colonels, les Libanais, les Kurdes, les affamés des déserts… Daniel Pennac les cite tous, car ils ont trouvé leur place en France comme le feront ceux qui frappent aujourd’hui à nos portes. Carole Saturno et Jessie Mangana le rappellent dans la foulée : aujourd’hui, un Français sur quatre est d’origine étrangère par ses grands-parents. Qui étaient eux aussi réfugiés à cause de la guerre, la misère ou bien leurs idées, leur origine, leur foi. Le titre est donc vrai, statistiquement autant qu’éthiquement : « eux, c’est nous ». De R à S, réfugié, étranger, frontière… jusqu’à solidarité, elles détaillent en acrostiche le sens du mot
« réfugiés ». Plus de 40 éditeurs se sont associés pour porter ensemble ce message de bienvenue. Les droits des auteurs et les bénéfices de la vente sont intégralement reversés à la Cimade, association active depuis 1939 et les camps d’internement des indésirables de Vichy.

 

Max et Lili – Max et Lili veulent rester en vacances de Dominique de SAINT-MARS, illustré par Serge BLOCH, éditions Calligram. Dès 6 ans.

A J-3 de la rentrée, Max commence à cauchemarder qu’ « un méchant géant [l]’obligeait à revenir à l’école » ! Mais non ! Il peut encore profiter de ses vacances à la campagne, faire les foins, sauter dans la rivière, dormir à la belle étoile… Quand le moment du départ approche, Max reste sceptique :
« Vraiment, ça sert à quoi, l’école ? A part à préparer les vacances !… » et il faut toute la pédagogie de sa famille et de ses copains pour l’amener à changer d’avis. Dans ce 118e opus de la collection comme dans les précédents, après l’histoire, le petit lecteur est invité à continuer sa réflexion grâce à un petit questionnaire.

 

 

Max et Lili – Le Carnet des émotions de Dominique de SAINT-MARS, illustré par Serge BLOCH, éditions Calligram. Dès 6 ans.

« J’ai un grand sourire au milieu de la figure. Mes yeux sont rêveurs. J’explose de joie à tout bout de champ. Je chantonne. » Pas de doute, tu es amoureux ! Jalousie, peur, dégoût, tristesse, joie, fierté, les émotions sont expliquées à coups d’exemples et de tests puis l’enfant dessine et écrit ce qu’il a ressenti. Tout le savoir-faire du duo Saint-Mars-Bloch au service de la chimie des émotions.

 

 

 

 

 

P.-P. Cul-Vert et le mystère du Loch Ness de Jean-Philippe ARROU-VIGNOD, illustré par Serge BLOCH, éditions Gallimard Jeunesse. Dès 9 ans.

Mais pourquoi Rémi Pharamon, interne au collège Chateaubriand et Mathilde Blondin – ses taches de rousseur, son nez pointu, son gâtisme devant la moindre boule de poil
« commilestmignon » – ont-ils été convoqués dans ce patelin perdu des Highlands par leur camarade exaspérant de pédanterie et de suffisance – au point de n’avoir qu’un regret, n’avoir pu s’inventer lui-même ! – Pierre-Paul Louis de Culbert alias P.P. Cul-Vert, cette
« espèce de particule » ? Conduits en Rolls-Royce Silver Shadow fouettée par les éléments par l’impavide Cornelia, chauffeur de maître-gouvernante huitième dan de judo à l’imposante silhouette de rubgyman, ils se retrouvent seuls dans un château labyrinthique au milieu d’un parc peuplé d’improbables zèbres, un lion, des gazelles et des paons. Y a-t-il un rapport avec l’excentrique et aristocratique spécialiste de la faune Oncle Archibald, veston de velours râpé et montre à gousset, son ancien élève, le cruel Anton Sémaphorius, le chuchurda, singe nain du Zimbabwe et le proche Loch Ness ? Le fameux trio créé par Arrou-Vignod et illustré par Bloch s’apprête à vivre de nouvelles aventures exaltantes à l’ombre de « la silhouette torturée des ruines de Kilarn’agh ». Sans considération pour le grassouillet P.P. qui se plaint : « mon petit corps douillet n’est plus qu’un énorme hématome ».

 

 

 

 

 

 

 

La Famille Potofeu – Ils réalisent tous vos vœux ! de Paul BEAUPERE, illustré par Serge BLOCH, éditions Fleurus. Dès 9 ans.

Le début de ce roman est déceptif : on croit lire un roman plan-plan tendance Top Chef sur une famille qui ouvre un restaurant, et tout d’un coup, au troisième chapitre, on entre dans une toute nouvelle dimension, nettement plus barrée. Qu’ont en commun le tueur à gage, l’écrivain en panne d’inspiration, la pop star capricieuse et le mystérieux Monsieur X ? Des listes ! Des choses à accomplir urgemment, aidés en cela par Yvan et sa famille de restaurateurs, sous le regard sévère de Babouchka et oncle Vlad. Filatures, cascades et coups de feu au menu !

 

 

 

Hôtel Bellevie de Didier LEVY, illustré par Serge BLOCH, éditions Sarbacane. Dès 5 ans.

Gabriel a grandi dans l’hôtel Bellevue puis le U s’est cassé, et c’est devenu le « Bellevie ». Dans la vieille bâtisse mélancolique en bord de mer, cohabitent de « drôles de numéros », clients à l’année. Un passionné d’origami, une Anglaise en lunettes de soleil, un somnambule en pyjama et surtout,
« Sa Majesté Simone 23 du Bémolistan en exil », qui a dû fuir son royaume il y a 37 ans. Alors quand ce monde à son tour s’écroule, « Mamie Médailles », qu’on disait zinzin, est la seule à savoir le reconstruire. Le trait sobre de Serge Bloch s’encanaille ici de couleurs. Rouge, jaune, vert, bleu font comme un théâtre vivant à cette galerie de portraits touchants.

 

 

La Rue de l’Ours de Marie DESPLECHIN et Serge Bloch, éditions de l’Iconoclaste. Dès 11 ans.

Marie Desplechin prête sa plume agile et empathique à son complice Serge Bloch pour raconter avec lui le Colmar de l’enfance du dessinateur, dont l’épicentre était le 7, rue de l’Ours, et la « boucherie casher Alex Bloch » de son grand-père. L’ouvrage est à la fois pudique, émouvant et chaleureux, à l’image de ses créateurs. Les enfants curieux comme les grands peuvent lire avec un grand bonheur cette peinture intime d’« un monde qui avait survécu à des siècles de tracasseries et de bûchers, qui s’est discrètement évanoui, et qui n’existe plus ».

 

 

Cercle roule de Barbara KANNINEN, illustré par Serge BLOCH, éditions Phaidon. Dès la naissance.


C’est l’histoire sans fin ou l’effet domino. Quand Cercle roule et tourneboule, c’est catastrophique, il entraîne toutes les formes géométriques dans sa chute. Puis c’est la trêve, et tous ensemble, ils le rafistolent. On efface tout et on recommence. Une leçon ludique et dynamique de géométrie.

 

 

Toto – Allez, c’est cadeau !, Toto – Et ça vous fait rire de Franck GIRARD, illustré par Serge BLOCH, éditions Globulle. Dès 6 ans.

Interro de conjugaison : « – Toto, si je dis « J’apprendrai pour demain mes figures géométriques ». C’est quel temps ? – Du temps perdu, Madame. ». Toto à l’école, Toto à la maison, une page un gag. Et un éclat de rire dans cette BD où Serge Bloch se régale à croquer ce gamin lunaire et irrévérencieux qui a, non un poil mais un baobab dans la main, et les adultes autour de lui complètement dépassés par la situation.

L’Atroce Monsieur Terroce de Nicolas de Hirsching, illustré par Serge BLOCH, collection « J’aime lire », éditions Bayard. Dès 7 ans.

Même dans ses pires cauchemars, Bruno n’aurait pu imaginer un remplaçant pire que Monsieur Terroce. Ce misanthrope déteste les enfants qu’il baptise « vers de terre
ramollis », « moustique rachitique »
ou « pou mal peigné » quand il ne les met pas en
cage ! Arrivera-t-on à se débarrasser de ce monstre que Serge Bloch a croqué en barbu chauve au nez démesuré et au broussailleux monosourcil ?

 

Moi, j’attends de Davide CALI, illustré par Serge BLOCH, coffert collector aux éditions Sarbacane. Dès 3 ans.

Attendre ? N’est-ce pas notre lot commun ? Attendre le baiser quotidien avant d’aller au lit, être suspendu aux lèvres du médecin qui délivre son diagnostic, attendre un heureux événement, espérer un signe, un appel… Dans une grande économie de traits et de mots, emmené par un fil rouge qui court tout du long, ce livre transcrit cet état de suspens existentiel ressenti dès le berceau. Prix Baobab du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil 2006.

Mon chez-moi n’est plus chez moi – Le Déménagement de Susie MORGENSTERN, illustré par Serge BLOCH, éditions Gallimard Jeunesse. Dès 3 ans.

« Quand on a cinq ans, ce sont les parents qui décident ». Eux sont extatiques à l’idée de quitter enfin leur logement riquiqui avec vue imprenable sur les embouteillages, au cinquième sans ascenseur, pour s’installer sur la Côte d’Azur ! Serge Bloch mêle ses dessins aux vrais objets du quotidiens, enveloppe, manteaux, boîte de petits Lu. L’enfant, lui, regarde dévasté les « quatre messieurs » emporter son lit, son doudou, son oreiller, sa couette, inflation d’adjectifs possessifs qui dit
« l’impression de laisser une partie de moi ». Son piteux « plan anti-déménagement », qui consiste à se planquer sous le lit d’Arthur le petit voisin, échoue lamentablement. Et ces idiots d’adultes n’ont même pas essayé d’emporter le vieil arbre devant sa chambre, qui le protégeait pourtant «comme un gros soldat». Et puis le soleil, la mer, la récré avec les nouveaux amis… un palmier ! remplissent leur office. Et la vie d’avant devient un doux souvenir…

Zouk – Super justicière !, Zouk – Abracadablagues !, Zouk – Un Noël ensorcelé, Zouk – L’été sera chaud !, Zouk à l’école des sorciers de Nicolas HUBESCH, illustré par Serge BLOCH, éditions BD Kids. Dès 5 ans.

Dans la très grande ville nord-américaine, Zouk et son fidèle acolyte Nono vivent leur enfance pas banale d’apprentis sorciers. Zouk est « une petite sorcière qui a du caractère », et elle est bien décidée à ne pas se laisser harceler par les quatre pestes armées de baguettes et de manches à balai de l’école de madame Poilaumenton. Ni d’ailleurs par Raymond, le cochon aussi patibulaire que sa propriétaire Mamie Zouk. Zouk ose tout : noyer son gâteau magique dans les larmes d’escargots – on avait dit deux gouttes ! – quitte à provoquer les débordements lacrymaux des gourmands, rendre vegan l’ogre du Petit Poucet, transformer les Harley Davidson des brutaux Hell’s Angels en inoffensives trottinettes, mettre des souris vivantes dans le sapin de Noël alors que Noyau le chat est à l’affût… Promis, elle va essayer d’être sage « mais qu’est-ce qu’on s’ennuie ! ».

 

Le Grand Livre de la bagarre de Davide CALI, illustré par Serge BLOCH, éditions Sarbacane. Dès 6 ans.

« Bing ! Paf ! Ouille ! C’est la récré. Et comme tous les jours à la récré… C’est la bagarre ! ». On n’a pas de trace de la première mandale du paléolithique mais ce qui est sûr, c’est que les hommes ont toujours aimé la castagne. Elle se déclenche pour un oui pour un non et a le mérite de « tester la résistance de l’estomac… et celle des pantalons ». Cet album hilarant répertorie les différents types de casus belli, ainsi que les modalités d’une bonne échauffourée, et les raisons valables d’armistices, genre « Attention, voilà la maîtresse ! » . Les petits bonshommes batailleurs de Serge Bloch sont déchaînés et délicieusement politically uncorrect.

L’Ennemi – Un livre pour la paix de Davide CALI, illustré par Serge BLOCH, coédition Sarbacane/Amnesty International. Dès 6 ans.

« L’ennemi n’est pas un être humain ». Seul dans son trou, sa tranchée, dénutri, les yeux au ciel, le soldat s’abîme dans ses pensées. On comprend beaucoup de choses en regardant les étoiles. L’autre, dans son trou, le même, dans sa tranchée, la même, « regarde-t-il les étoiles, lui aussi ? Peut-être que s’il les regardait, il comprendrait que cette guerre ne sert à rien et qu’il faudrait l’arrêter ». L’histoire, portée par le trait expressif de Serge Bloch, démontre l’inanité de tout conflit armé. On y voit le petit Davide et le petit Serge, enfants, en photo, comme s’ils étaient les fils de ces combattants absurdes d’une guerre d’usure. Prévert avait raison, « quelle connerie la guerre ! ».

3, 2, 1… Dessin ! – Musclez votre imagination avec Serge Bloch de Serge BLOCH, éditions Bayard Jeunesse. Dès 6 ans.

« A quoi te font penser ces robinets ? » Et ces pinces à linge ? Ces pantoufles ? Ces clefs ? Ces
« marrons marrants » ? Quel enfant, en attendant le repas, n’a pas joué à la famille Couvert avec maman Fourchette et papa Couteau ? Serge Bloch invite les enfants à se saisir de ces humbles objets du quotidien comme rampes de lancement à leur imagination. Créations tous azimuts !

La Grande Histoire d’un petit trait de Serge BLOCH, éditions Sarbacane. Dès 3 ans.



Serge Bloch est célèbre pour l’épure proverbiale de son trait, Avec d’autant plus d’émotion qu’on est dans la retenue, cet album raconte le miracle de la création artistique. Du « petit bout de rien du
tout »
posé dans un coin de cahier aux bravos dans le monde entier : « Mon trait et moi, on a fait le tour du monde ». Serge Bloch se livre beaucoup, mine de rien, sur sa vie de dessinateur. « Tout était facile, on faisait rêver les enfants ». Et rend hommage, in fine, à ses maîtres et inspirateurs : Oscar Robert Blechman, Klee, Miro, Chaval, Topor, Ungerer… La liste est longue.

 

 

Mon livre préféré

 

 

Rémi nous parle de ce qu’il a lu et aimé.

Aujourd’hui : Le Trésor de Barracuda de Llamos Campos, illustré par Nicolas Pitz et traduit de l’espagnol (castillan) par Anne Cohen Beucher. Ecole des Loisisrs. Dès 9 ans.

 

 

 

 

Tout nouveau tout beau

 

 

 

 

 

Et pour commencer La Librairie de tous les possibles de YOSHITAKE Shinsuke, traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako, éditions Milan. Dès 10 ans.En photo sur le bandeau, Amélie Nothomb toute chapeautée de noir salue « la loufoquerie japonaise » de ce roman graphique. Suivons l’impératrice des lettres nippophile et
ajoutons : attention livre culte ! Toutes les idées nées du mot « livre », surtout les plus délirantes, sont explorées avec jubilation. Il y a le « livre au clair de lune » dont l’encre ne se révèle qu’à la lumière de l’astre, le mariage en lecture, la bibliothèque d’outre-tombe, le chien secouriste sans tonnelet de schnaps mais avec livre salvateur pour âmes en peine… et mille autres variations inventives. Dixit le biblio-enquêteur qui piste les criminels grâce aux livres qu’ils ont lus : « Quand on aime les livres, on ne peut pas être totalement mauvais ».

 

 

Amoureux des livres, vous allez vouloir posséder la Mini-bibliothèque (coffret de 4 albums : Pascal, Un, deux, trois… etcetera !, Ma soupe de poule au riz, J’adore les alligators) de Maurice SENDAK (nouvelle édition traduite de l’anglais – Etats-Unis – par Agnès Desarthe, éditions de l’Ecole des Loisirs, dès 3 ans).

Un petit conte moral en cinq chapitres, un livre de comptes animalier et déjanté où c’est le petit Johnny qui terrifie le corbeau d’Acapulco et le bandit à chaussure vernie, le livre des mois où quelles que soient la saison ou les folles aventures, tout finit par une bonne soupe de poule au riz et un alphabet peuplé de A jusqu’à Z d’alligators « zou, zazous, zombies.» Rien de niais ni de doucereux dans ces mini livres rouges dans leur coffret-écrin précieux dont les petites mains – et les grandes ! – vont se saisir avec délectation pour savourer le génie ludique de Maurice Sendak.

 

 

 

Toujours à l’Ecole des Loisirs, Quelle horreur ! de Claire LEBOURG, dès 3 ans.

« Oh my God… c’est tellement laid ! » Mona la crevette se rêvait portraiturée en Joconde bis. Sa déception est à la hauteur de ses attentes. Pas facile pour Paty l’artiste de contenter ses modèles. Le jour du vernissage approche. Que faire ? Quelle horreur ! offre une très jolie méditation sur le beau et le goût des autres subtilement déployée en fines aquarelles.

 

 

 

 

 

 

 

 

Elbo l’éléphant, le héros de Je veux dessiner ! de GO Hyejin (éditions Philippe Picquier Jeunesse, traduit du coréen par LIM Yeong-hee dès 3 ans) n’est pas prêt d’être exposé par un galeriste mais son âme d’artiste souffre d’être incompris : « Personne ne veut de mes dessins. Qu’est-ce que je vais devenir ? », s’interroge-t-il.Heureusement, ses amis ont une idée. Un adorable album de la lauréate du prix de l’illustratrice de l’année 2016 à la Foire internationale de Bologna.

 

 

 

Toujours chez Philippe Picquier Jeunesse, on quitte les cimaises pour les rivages avec La Maison sous-marine aux 100 étages de IWAI Toshio, traduit du japonais. Dès 6 ans.

La poupée a glissé des mains de l’enfant qui donnait à manger à une mouette, tout en haut d’un énorme bateau. Elle est tombée à l’eau et la voici qui coule toujours plus profond. Elle perd un à un ses bijoux et habits de poupée chouchou et troque sa jupe contre des écailles. Elle croisera des loutres, des dauphins, des poulpes, des bernard-l’ermite. Les dessins de cet album qui s’ouvre à la verticale sont à la fois kawaï et somptueux. Mention spéciale à la dernière double-page merveilleusement inspirée. On plonge !

 

 

 


On reste dans l’océan mais cap au Nord, direction l’Arctique dans Demain, il fera beau de Rosie EVE, éditions Saltimbanque. Dès 3 ans.

La phrase anodine du titre, « Demain, il fera beau. », sonne comme une sentence de mort dans cette
« terre de mer, de glace et de ciel » mise en péril par un siècle d’égoïsmes humains. Le soleil est devenu un ennemi qui a tout fait disparaître du monde de l’ours blanc. Le « courageux petit ourson » nous fixe sur la couverture, innocente victime échouée sur une banquise en miettes. A mi-parcours, le récit désormais au futur bascule. Les illustrations sont de toute beauté et le lecteur est ému aux larmes. C’est décidé, on se bouge pour protéger in extremis « cette vie d’autrefois ».

 

 

 

Sam lui, a des ennuis beaucoup plus prosaïques. Ce que veut le petit héros de Cher Donald Trump de Sophie SIERS (illustré par Anne VILLENEUVE, éditions AliceJeunesse, dès 8 ans), c’est se débarrasser de son frère ado dont il est forcé de partager la chambre.

Pourquoi pas construire un mur, comme celui que le 45e président des Etats-Unis veut ériger à la frontière mexicaine pour arrêter les migrants ? Alors, Sam écri

t au dirigeant. Ses missives sont portées, on le voit, au leader aussi célèbre pour sa mèche péroxydée que pour ses tweets dangereusement puériles, alors qu’il mange son hamburger, joue au golf ou prend son bain. Mais contrairement à son peu diplomate aîné de la Maison blanche, Sam réfléchit. Il réalise donc que « la négociation et la discussion sont toujours préférables à la séparation. » Un album fort et original des éditions belges Alice Jeunesse, qui publient aussi Edition spéciale de Max SALADRIGAS (dès 3 ans).

Un trou est apparu et cette apparition est sur toutes les langues. Y a-t-il quelque chose ou quelqu’un dedans ? Et dans ce cas, pourquoi se cache-t-il ? Le chat qui a tout vu a peut-être la réponse. Un petit album pour tous les futurs Tintin et autres Rouletabille, à l’insatiable curiosité.

 

 

 

 

 

 

 

 

On a commencé cette sélection dans une librairie ; on l’achève avec le fils du libraire, si fan de Georges Perec qu’il a donné son nom à sa boutique et son prénom à son fils, qui est le héros et le narrateur d’ Un son a disparu de Rodrigo MUNOZ AVIA, toujours aux éditions Alice Jeunesse, dès 8 ans. Eléonore sa douce amie a disparu. Jorge, biberonné aux paris oulipiens, va se jeter un défi : si, comme dans La Disparition du génial Perec, il s’interdit 75 % des mots français, qui contiennent la lettre E – E comme Eléonore – la fillette reviendra. C’est une gageure au quotidien quand on ne peut désormais plus dire « petit-déj’ » mais « collation qu’on fait au matin » et rendre un devoir de SVT plein de « corps ronds carmin » au lieu de « globules » ! Le récit est brillant, l’enquête haletante. Vive les lipogrammes et la pensée magique des enfants !

Illustrations sonores : merci aux chaînes YouTube
https://www.youtube.com/user/samsambayard
https://www.youtube.com/watch?v=emTRew_zL7w1.17-1.36
La télé de la bibliothèque

Bonne lecture à toutes et à tous !

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27/03/2019 → Invitée : Dorothée de Monfreid

portrait de Dorothée de Monfreid

 

 

 

 

 

13/03/2019→ Invitée : Elisabeth BRAMI

portrait Elisabeth Brami

 

 

 

 

 

27/02/2019→ Invitée : May Angeli

May Angeli

 

 

 

 

 

13/02/2019 → Invité : Michel Van Zeveren

 

 

 

 

 

23/01/2019 → Invité : Rémi COURGEON

portrait de l'auteur Rémi Courgeon

 

 

 

 

 

09/01/2019 → Invité : Davide CALI 

photo auteur illustrateur Davide CALI

 

 

 

 

 

26/12/2018 → Invitée : Catherine GRIVE

 

 

 

 

 

12/12/2018  → Invité : Guillaume DUPRAT

 

 

 

 

 

28/11/2018  → Invité : Benjamin LACOMBE

 

 

 

 

 

14/11/2018 → Invitée : Catharina VALCKX

 

 

 

 

 

24/10/2018 → Invité : Serge BLOCH

 

 

 

 

 

10/10/2018 → Invité : Gilles RAPAPORT

 

 

 

 

 

26/09/2018 → Invités Marie DESPLECHIN et Claude PONTI

 

 

 

 

 

 

12/09/2018 → Invité : Jean-Philippe ARROU-VIGNOD

 

 

 

 

 

13/06/2018 → Invité : BARROUX