Grec Biblique du 27/01/2019

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Cours 8 : Matth XIII v 11 à 13

Suite de ce texte difficile :

Que signifie pour un lecteur de l’époque la compréhension de « mystères » ? En passant du singulier au pluriel, Matthieu rend encore plus limpide l’allusion aux cultes « à mystères » pour son lecteur païen. Pour nous, un mystère est une réalité cachée, inconnue voire incompréhensible. « c’est un mystère » signifie que personne ne peut le comprendre ni le savoir. Au contraire pour un lecteur-auditeur « grec » (autrement dit non juif, appartenant à l’immense majorité des peuples paiëns du bassin méditerranéen de l’époque), les « mystères » sont la révélation d’une vérité accessible grâce à une initiation.

Le texte de Matthieu se veut provocateur : enrichir les riches et appauvrir les pauvres, est-ce là son programme hyper-capitaliste, d’apparence assez peu évangélique  ? D’abord, qui possède (ou pas) quoi ? De quoi les disciples sont-ils « riches » ? Qu’est-ce qui « a été donné » (avec la valeur résultative et permanente du parfait) et par qui ? L’abondance promise : un passif « impersonnel » d’un verbe intransitif (un latinisme ?) un passif théologique ? Donné à qui ? Qui (« hostis » contre « hos ») a  et a quoi ?

A noter le remplacement éminemment significatif au v 13 du but de Marc (Dieu agissant « pour que » son peuple ne comprenne pas et ne soit pas sauvé) par un « hoti » explicatif, beaucoup plus acceptable pour notre logique. De même au v 14 où Matthieu remplace le « hina mè » (pour que ne pas) pas un « mè ou » : de peur que. Un simple petit mot de trois lettres modifié, et le sens est bouleversé.

Matthieu a bien conscience que le « mode d’emploi » de la parabole donné par Marc est aussi difficile que celui du montage d’une armoire traduit du coréen par intelligence artificielle ! Il éclaircit donc ce texte.