Parcours sentimental du 16/10/2021

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Parcours sentimental est réservée aux personnalités attachantes. Didier van Cauwelaert y a donc sa place. Il est un écrivain précoce, surdoué et touche à tout. 34 romans, 15 prix littéraires dont le Prix Goncourt à 34 ans, sans compter les essais, les récits, les nouvelles,  les pièces de théâtre, les scénarios, les comédies musicales, la BD, la littérature jeunesse. A sept ans et demi, il décide de devenir le plus jeune écrivain publié du monde par amour pour son père meurtri  dans sa chair par un très grave accident de voiture. Il entame des études de lettres classiques qu’il abandonne rapidement. Il cumule les petits boulots et puis il publie son premier roman à 22 ans « 20 ans et des poussières » après s’être vu refuser 10 romans par la plupart des grands éditeurs de l’hexagone. Ce roman  lui vaut le Prix Del Duca ; Il recevra bien d’autres prix prestigieux à côté du Goncourt  : le Prix Roger Nimier, le prix Gutenberg, le grand prix des lecteurs du livre de poche, le prix du théâtre de l’académie française, le Molière du meilleurs spectacle musical… Didier van Cauwelaert   se définit comme un romancier de la reconstruction et de l’air du temps. Comme quelqu’un qui se reconstruit en reconstruisant les autres.  La construction, la reconstruction des gens en difficulté, des gens en souffrance et en déshérence. Reconstruction : c’est un mot magique quand tant de protagonistes du monde de la culture de la pensée et de la politique sont des chevaliers de la destruction ou de la déconstruction. Ses romans souvent adaptés au cinéma possèdent toutes les qualités que l’on attend d’un roman : l’originalité, la fraîcheur, l’inventivité, le suspens des histoires que vous racontez. Car il raconte de vraies histoires Didier Van Cauwelaert. L’amour y est toujours présent. C’est de plus en plus frappant et l’ensemble de ses livres comme Un aller simple, qui lui a valu le Prix Goncourt, comme ses trois derniers opus  la personne de confiance, l’Inconnue et Le pouvoir des animaux ne font pas mentir la règle. Il ne cesse jamais de surprendre. Ses romans sont jubilatoires sans doute parce qu’il jubile en les écrivant. Il y a aussi la dimension des univers qu’il sait construire. Il y a encore la force d’un style toujours marqué par son humour léger et virevoltant, par sa tendresse. Ses romans ont une tête et une queue, un début et une fin éternelle, comme dans les contes de fée. Ils sont tous haletants et constituent des antidotes contre l’ennui. Et c’est la vraie vie qui documente ses histoires, au prix d’un formidable travail de documentation. Son dernier Opus, Le pouvoir des animaux publié chez Albin Michel est d’une actualité brûlante. La plus petite créature animale du monde, un Tartigrade vieux de centaines de milliers d’années et la plus grosse créature animale du monde, un mammouth laineux  de six tonnes et vieux de dizaines de milliers d’années sont avec un couple de chercheurs deux  protagonistes qui jouent le rôle du petit prince dans le conte d’Antoine de Saint Exupéry : venus du fond des temps, ils portent un regard à la fois critique, tendre et bienveillant sur l’humanité et sur le genre humain. Ils sont des facteurs de distanciation qui nous permettent d’y voir plus clair sur nous-mêmes. C’est là le pouvoir de ces animaux qui nous ont précédé et qui peut-être nous survivront. Tout cela fait de Didier van Cauwelaert  un écrivain incontournable. De la graine d’académicien, tant le quai Conti aurait besoin de sa vitalité qui lui injecterait la piqure de jouvence qui sommeille dans l’ADN Tartigrade de son dernier livre. Son nom de famille a des origines belges flamandes néerlandaises . Il évoque les collines pourtant si rares au royaume du pays plat. Mais il est Niçois d’éducation et d’adoption. Les corniches et les villages perchés de son pays de cœur lui ont à permis à cet égard de prendre sa revanche . Pourquoi il faut absolument lire « Le pouvoir des animaux » Didier van Cauwelaert dans la peau des deux narrateurs de son dernier livre : un Tartigrade et un Mammouth Laineux l’un et l’autre surgis du fond des âges, le premier parce qu’il s’est réhydraté, l’autre parce qu’il peut être cloné. Ce scénario donne faim et recouvre par ailleurs une belle histoire d’amour. Le pouvoir des animaux : un roman haletant et jubilatoire qui surprend de la première à la dernière page. Il ne faut rien dire de plus de ce livre pour ne pas le « spoiler ». Il faut simplement rappeler que Le pouvoir des animaux est bienveillant, à l’exemple du magicien qui l’évoque, et que ce pouvoir tranche avec celui des hommes qui restent les plus grands prédateurs d’eux-mêmes et de toutes les espèces qui peuplent la planète terre, qu’elles soient animales ou végétales.

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