Le lien de la traçabilité

Date de publication : 27/11/2021

A l’heure où la traçabilité de la nourriture est devenue primordiale pour des raisons de santé publique et de santé tout court, il est étonnant que cette traçabilité ne soit pas appliquée dans le domaine des idées, des mouvances politiques et de l’histoire de la barbarie, de la pollution et de la pourriture des esprits.

Nous savons tous que bien des parcours politiques ont un passé jonché de cadavres et de trahisons qui sont à l’image de la tragédie humaine si souvent déguisée en comédie de théâtre de boulevard. Le travail essentiel de bien des ténors, de bien des divas de la politique consiste à surfer sur la tendance naturelle de l’opinion publique à l’amnésie et au déni. Nombre d’entre elles, nombre d’entre eux pourraient se revendiquer experts dans l’art de l’anesthésie. Nul n’aime ouvrir les boîtes de Pandore. Il est confortable de ne pas voir, de ne pas creuser ce qui nous angoisse. Pourtant, il existe un vivier où retrouver l’ADN de ceux qui prétendent pouvoir nous servir de leaders, de timoniers, de « Führers » pour reprendre un terme maudit. Ce vivier, c’est l’histoire qui doit rester une science de l’éveil, une science subversive, et non à l’image de ce que devient parfois la politique quand elle se dénature, un art de l’anesthésie.

Tous les « Führers » de la terre usent toujours des mêmes procédés, des mêmes artifices vieux comme le monde. Désigner, diaboliser des boucs émissaire, discréditer les élites et les intellectuels, surfer sur le désespoir et sur la misère sociale, entretenir le mythe de la décadence, hypertrophier le mythe de l’insécurité, réveiller la crainte des grandes invasions, encourager à la fascination du chaos, dire le contraire de ce que l’on pense, mépriser ceux que l’on s’apprête à tromper, faire de la propagande une discipline olympique, parler au nom du peuple et discréditer la démocratie. Mais qu’elles renient leurs alliés d’hier après les avoir trahis, ou leur ADN, nombre de vedettes de la politique se discréditent elles-mêmes. Elles sont devenus de piètres caméléons. Elles ont un art grossier du camouflage. Il leur arrive parfois de tomber le masque par étourderie, par inadvertance ou par cynisme quand il est trop tard pour freiner leur ascension.

Ainsi Adolf Hitler confiait-il en 1939 : « J’entrerai chez les Français en libérateur. Nous nous présenterons au petit-bourgeois français comme les champions d’un ordre social équitable et d’une paix éternelle. Ces gens-là ne veulent plus rien savoir de la guerre et de la grandeur. Mais moi, je veux la guerre, et tous les moyens me seront bons. Évitez surtout de provoquer l’ennemi ! – ce n’est pas là ma devise. Ce que je veux, c’est l’anéantir par tous les moyens. La guerre sera ce que je veux qu’elle soit. » Herman Rauschning Hitler m’a dit (Paris, 1939). Avant de nous abstenir ou de céder à la fascination du pire et du chaos, nous devrions méditer l’ADN ce certains partis extrêmes qui sont les héritiers déguisés en seconde ou en troisième noce des artisans, puis des industriels de la Shoah. Il n’est qu’à méditer l’évolution des mots et des concepts pour reconstituer un bel arbre généalogique : Parti populaire français (PPF) (1936/1945) Rassemblement national populaire (RNP) (1941/1944), Légion des volontaires français contre le bolchévisme (LVF) (1941/1945) Front national des combattants (1957/1958) Occident (1964/1968) Ordre Nouveau  (1969/1973) Front national (FN) (1972 / 2018) Rassemblement National (RN) (2018/ ?).

Le souffle du Diable et le soupir de Dieu, à écouter ce samedi 27 novembre à 12h55 en direct sur notre antenne (sur 100.7 FM, frequenceprotestante.com et DAB+). Puis à retrouver en podcast.