Invitée par Fabrice Blanc dans son émission « Mineurs, sujets majeurs », la députée du Val-de-Marne, Maud Petit, présidente de la Commission d’enquête parlementaire sur le traitement judiciaire des violences sexuelles et incestueuses parentales, dresse un bilan alarmant : « la France n’aime pas ses enfants. »
Les travaux de la commission, achevés le 1er juillet 2026, ont débouché sur 49 recommandations, présentées par le rapporteur Christian Baptiste. Un « parent protecteur » désigne, sans définition juridique précise, celui ou celle qui croit la parole de son enfant lorsqu’il révèle des violences intrafamiliales et cherche à le mettre à l’abri, quitte à se heurter à la justice elle-même.
Un piège juridique : protéger son enfant peut devenir un délit
Le paradoxe est au cœur de l’entretien. Un parent qui refuse de confier son enfant à l’autre parent, par crainte de violences, commet le délit de non-présentation d’enfant, passible de poursuites, de garde à vue et de condamnation, alors même que les faits dénoncés, s’ils sont avérés, constituent un crime. Maud Petit rapporte des situations de mères interpellées et menottées, parfois devant leur enfant, alors que le père conserve son droit de visite. Elle défend la reconnaissance d’un statut du parent protecteur, qui suspendrait toute poursuite contre lui pendant la durée de l’enquête.
Parmi les chiffres cités : seulement 2 % de mensonges dans la parole des enfants, mais à peine 1 % de condamnations parmi les plaintes déposées, pour une estimation de 160 000 enfants victimes chaque année de violences sexuelles ou d’inceste en France.
Le manque de formation et de moyens d’enquête, principal obstacle
Maud Petit pointe une formation initiale insuffisante des policiers, gendarmes, magistrats et personnels de santé face aux violences sexuelles sur mineurs, ainsi qu’un déploiement encore trop faible des salles Mélanie, ces espaces spécifiquement aménagés pour recueillir la parole de l’enfant dans de bonnes conditions. Elle relève également une insuffisance des actes d’enquête, notamment numériques, alors que les preuves matérielles sur le corps de l’enfant sont souvent absentes. Un projet de loi, voté en première lecture à l’Assemblée nationale, prévoit la création d’une ordonnance de sûreté permettant d’éloigner temporairement l’enfant du parent mis en cause, le temps de l’enquête.
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