Comment définir un mouvement qui, par principe, refuse de montrer ce qu’on voit ? Jean-David Jumeau-Lafond, historien de l’art et auteur des Peintres de l’âme, a révélé ce ” Moment Symbolisme” au côté de Richard Casazza François aux Impromptus de Fréquence Protestante, à l’occasion de la parution du Symbolisme, co-écrit avec Pierre Pinchon aux éditions Citadelles et Mazenod.
Né dans les décombres de la défaite de 1870 et de la Commune, porté par une génération qui refuse la vision triomphante d’une science censée avoir tout expliqué, le symbolisme n’est ni une école, ni une esthétique, explique l’historien dans l’entretien. C’est plutôt, selon la formule qu’il reprend à son ancien directeur de thèse, un moment de civilisation, où la littérature, la peinture, la musique et l’architecture cherchent toutes, chacune à sa manière, à suggérer l’invisible plutôt qu’à reproduire le réel.
L’entretien s’attarde longuement sur les figures les plus troublantes de cette période, à commencer par le Sâr Péladan, fondateur du Salon de la Rose-Croix, personnage sulfureux et visionnaire à la fois, qui proclamait la sacralité de l’artiste bien avant que les foules ne se pressent devant les tableaux de Van Gogh. Jean-David Jumeau-Lafond revient aussi sur ce retour obsessionnel au primitif, de la Bretagne des Nabis aux terres lointaines de Gauguin, et sur la manière dont des artistes aussi différents que Redon ou Rochegrosse ont réinventé les mythes antiques pour parler d’eux-mêmes.
De la Rose-Croix aux confins de l’Europe de l’Est, en passant par les rivalités entre artistes qui se détestaient sans le savoir, l’intégralité de cette traversée du symbolisme est à écouter le jeudi 8 octobre 2026 à 13h15 dans Les Impromptus, sur Fréquence Protestante (100.7 FM et DAB+ en Île-de-France, partout en France via internet et DAB+).
Mais aussi à réécouter sur toutes les plateformes d’écoutes à partir de 14h00.




