This is a repeating event9 février 2026 20h00
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La série Des Vivants diffusée
tout récemment sur France Télévision, signée Jean-Xavier de Lestrade et Antoine
Lacomblez, revient sur la reconstruction de plusieurs survivants du Bataclan.
Pas n’importe lesquels, mais celles et ceux qui avaient été pris en otage par
deux des terroristes, pendant plus de deux heures dans un couloir étroit ;
avant d’être libérés par la B.R.I. Pendant l’assaut, un terroriste est tué et
un autre fait sauter sa ceinture d’explosifs. Aucun mort du côté des otages et
des policiers, mais des blessures physiques et psychiques tenaces. En
8 épisodes, la série suit au plus près ces otages devenus potes, les
« potages » comme ils se surnomment, qui vont chacun et chacune
réagir à leur manière au traumatisme de la violence et essayer de revenir dans
le monde des vivants.
La série est bien sûr notable dans son
intention d’explorer les attentats du 13-Novembre. La première saison d’En
Thérapie s’était aussi confrontée aux effets psychologiques de la violence
terroriste, à travers notamment le personnage d’un policier de la B.R.I., qui
voyait resurgir le spectre de la guerre civile algérienne et d’une chirurgienne
prenant en charge les blessés ce même soir. Il n’est pas interdit de penser que
la série B.R.I., sur Canal+, s’appuie aussi sur la popularité de ce
service depuis les attentats. En tout cas, Des Vivants vient mettre fin
à une certaine tendance française consistant à ne pas se confronter
fictionnellement, ou pas tout de suite, à des épisodes douloureux, traumatiques
ou sombres de la société française. Alors qu’aux États-Unis, ce saisissement
est immédiat et fréquent.
Sous cet aspect, Des Vivants est une série
« service public », dans le meilleur sens du terme, celui qui
intéresse toute la société ; et surtout c’est une série « lieu de
mémoire », qui n’hésite pas à mettre en scène des flashbacks au Bataclan
même, et à explorer toutes les difficultés des « potages » pour faire
tenir en même temps mémoire individuelle et mémoire sociétale, trauma et
guérison dans un univers où le Bataclan est central mais où leur propre
histoire ne l’est pas. On voit pourquoi le sujet a intéressé Jean-Xavier de
Lestrade, qui est à la fois documentariste du monde judiciaire et auteur de
fictions, comme Laëtitia ou Sambre qui se confrontent à
l’obscurité du viol et du crime dans des sociétés qui les dénient.
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