Feydeau selon Christophe Barbier

Roi du Paris de la Belle Époque et dramaturge de génie, Georges Feydeau (1862-1921) a dédié sa vie à distraire ses contemporains tout en les caricaturant. Aujourd’hui encore, ses « machines à rire » fonctionnent à plein.

Un Fil à la Patte, Le Dindon, La Puce à l’oreille, N’te promène donc pas toute nue !, On purge Bébé… Depuis 1886, les spectateurs s’esclaffent au diapason de la plume alerte et chatouilleuse de Georges Feydeau. À quoi tient ce succès ? Au génie. Celui du comique, car il est le maître des situations irrésistibles autant que celui de la langue française avec laquelle il jongle brillamment.

Sous les mots de Feydeau, l’art dramatique est une horlogerie de la bonne humeur grâce à l’incontournable trio « mari-femme-amant » et ses dérivés : le désir, la fidélité, la tentation, la jalousie, la vengeance, mais aussi l’argent, la vanité et les plaisirs. Fin observateur de la bourgeoisie rentière et arrogante de la IIIe République, il raille ses contemporains sans jamais les mépriser.

Homme de plume et amoureux du théâtre, Christophe Barbier nous montre combien l’art de Feydeau est intemporel. En scrutant malicieusement la nature humaine, son théâtre nous ramène à une salutaire humilité tout en nous faisant du bien. Du grand art.

Christophe Barbier pour son livre Le monde selon Feydeau qui sort le 13 mai (éd. Tallandier), c’est dans Points de Suspension, une émission d’Aude Terray, ce mercredi 5 mai à 14h00 sur notre antenne (100.7FM / web / DAB+), puis à retrouver en podcast.

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