avril, 2022

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04avr13h0013h15Ukraine, l’indescriptible horreur de Boutcha13h00 - 13h15 Animateur: Claudine Castelnau Émission:Actualité religieuse dans les médias

Résumé de l'émission

Ukraine, l’indescriptible horreur de Boutcha

 

Ce dimanche, 3 avril, on a appris « l’indescriptible horreur de Boutcha, une ville voisine de Kiev, et d’autres villes ukrainiennes « libérées », le mot est affreux, par les troupes russes et où l’on retrouve des centaines de corps de civils, dans les rues, assassinés avec « une brutalité inouïe et inédite en Europe depuis des décennies », selon les mots du secrétaire général de l’Otan. Un « massacre délibéré », accuse Volodymyr Zelinsky, le président ukrainien qui parle de « génocide pour éliminer toute la nation.». Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian a aussi réagi : « Nous travaillerons, en lien avec nos partenaires, les autorités ukrainiennes et les juridictions internationales compétentes, notamment la Cour pénale internationale, pour que ces actes ne restent pas impunis et que leurs responsables soient jugés et condamnés. »

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Le théologien orthodoxe Jean-François Colosimo

 

Le théologien et historien orthodoxe français Jean-François Colosimo était l’invité de Campus protestant le 24 mars dernier pour répondre à la question : « Est-ce qu’il y a une composante religieuse orthodoxe, dans cette guerre menée par la Russie en Ukraine ? »

« L’invasion de l’Ukraine n’est pas une réaction aux menées de l’Otan ou de l’Europe, il s’agit de l’entreprise impérialiste d’un régime totalitaire », explique le théologien orthodoxe. Pour lui, « l’Eglise orthodoxe russe est devenue un auxiliaire du pouvoir et des crimes de Vladimir Poutine :  le patriarche Kirill de Moscou épouse sans aucun discernement la politique du Kremlin. »

Est-ce qu’il y a une composante religieuse, orthodoxe, dans cette guerre ? demande-t-on au théologien. « Très souvent, dit-il, cette Eglise orthodoxe russe a soutenu la politique communiste russe au temps du patriarche Nicodème de Leningrad dont le KGB appuiera l’ascension. » Et parmi les disciples du patriarche Nicodème il y aura Kirill, l’adjoint du patriarche de Moscou et qui héritera du département des Affaires étrangères, véritable cœur du patriarcat. Kirill appartient aussi  au KGB, comme Poutine… Il deviendra patriarche en 2009. « Il avait parfaitement le choix de reconstruire cette orthodoxie mais il a choisi d’enterrer dans l’oubli les innombrables martyrs du communisme. Il faut aussi savoir que si  le patriarcat de Moscou, compte pour  50 % du monde orthodoxe en prêtres, évêques, moines et surtout ressources politiques, diplomatiques et financières, grâce à sa proximité avec le Kremlin, l’Ukraine compte pour quelque 40 % de cette Eglise russe. L’Ukraine où la christianisation est plus forte qu’en Russie. Et Kirill sans l’Eglise orthodoxe d’Ukraine se retrouve avec une Eglise semblable aux autres Eglises orthodoxes, sans grande influence. Il a donc épousé la même idée hégémonique que Poutine mais sur le plan orthodoxe. Or, les Ukrainiens, y compris les Ukrainiens russophones, approuvent à 92 %. la séparation en 1991 d’avec la Russie pour devenir un pays indépendant et nombre d’orthodoxes en Ukraine en ont assez de ce patriarche qui copine avec Poutine et soutient son projet de faire imploser l’Ukraine et de s’emparer de l’est du pays. » Que penser de KIrill qui dénonce sans cesse un Occident décadent (référence constante à la gay Pride !) qu’il compare à une «  force du mal ». « C’est de l’idéologie, répond le théologien, mais ce n’est plus de la rhétorique, lorsque cela se compte désormais en enfants morts, sous les bombes.  On a affaire à un possédé. Et un mafieux ! Corrompu par le communisme. » Lit-il l’évangile ? lui demande-t-on. « Oui, entouré de gardes du corps et de gens du KGB, ou milliardaires qui font leur fortune en trempant leurs mains dans le sang et qu’il absous. Il lit l’évangile en présence de Poutine qui est en train de ruiner l’Ukraine et de massacrer le peuple ukrainien dont il est le patriarche autant que celui des Russes. C’est pour tout cela qu’il serait bon que les milieux œcuméniques rompent toute relation avec lui car aujourd’hui il représente un scandale pour la conscience chrétienne universelle. Car en dépit de nos différences culturelles et religieuses, il faut affirmer que les orthodoxes ne méritent pas un Poutine ni un KIrill non plus qu’aucun peuple au monde. »

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Plusieurs Eglises orthodoxes restées dans le giron de Moscou se prononcent actuellement pour une rupture définitive avec le patriarche Kirill qui a osé bénir les soldats russes au début de la guerre en Ukraine. Le 15 mars dernier, Le Monde a publié un article sur « l’amertume des orthodoxes en Ukraine. »
« A Lviv, une grande ville de l’ouest,
écrit son correspondant, au siège de l’Eglise orthodoxe ukrainienne un jeune diacre dit sa révolte :

‘Moi et ma famille subissons ce que la Fédération de Russie et son armée font à notre pays, en tant qu’être humain, je le dénonce. En tant qu’homme d’Eglise, je prie pour que l’armée ukrainienne obtienne la victoire. Nous soutenons tous les soldats [ukrainiens]

dans la victoire.’ L’invasion russe déclenchée par Vladimir Poutine rebat les cartes de l’orthodoxie ukrainienne, la première religion du pays. En dépit du schisme intervenu en 2018 au sein de cette communauté religieuse, avec l’autocéphalie (l’indépendance) accordée par le patriarcat de Constantinople à l’Eglise ukrainienne, une partie d’elle était restée dépendante de la tutelle russe et longtemps accusée de connivence avec le Kremlin par le pouvoir ukrainien. Aujourd’hui elle prend ses distances. »

Et le métropolite de Kiev a, dès le premier jour de l’invasion russe, publié une lettre adressée à Poutine lui demandant de cesser une guerre « qui ne trouve sa justification ni devant Dieu ni devant les hommes. La prise de position de Kirill bénissant les soldats russes au début de l’offensive a été vécue comme une trahison par le diacre, écrit Le Monde : ‘ Il faut imaginer le sentiment des prêtres, des paroissiens, de ceux qui ont perdu des proches, des enfants, ou qui se battent en ce moment au front. Ils ne peuvent pas rester calmes, il est impossible de réagir calmement face à la position du patriarche Kirill ‘. » Il est originaire de Marioupol, et une partie de sa famille vit toujours dans la ville bombardée… Autre signe de crise dans ce monde orthodoxe ukrainien : le métropolite de Lviv a annoncé cesser de commémorer Kirill de Moscou dans les offices de même que 17 ou 18 diocèses sur la cinquantaine que compte l’Ukraine et de nombreux prêtres pas forcément soutenus par leur hiérarchie. Et l’on parle de demander l’autocéphalie de l’Eglise russe orthodoxe d’Ukraine… « Je suis persuadé que plus les bombes russes tomberont sur les villes ukrainiennes, plus les prêtres se mobiliseront. La popularité de ce projet d’indépendance [de l’Eglise] est directement liée à l’escalade de l’offensive russe. » Un projet qui pourrait voir le jour très vite après le carnage des troupes russes ce week end.

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/03/15/en-ukraine-l-amertume-des-orthodoxes_6117619_3210.html

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États-Unis
Les chrétiens sont-ils hypocrites ?

Une nouvelle enquête aux Etats-Unis suggère que les non-croyants pensent que les chrétiens sont hypocrites et jugent facilement les autres alors que ces mêmes chrétiens se décrivent comme pleins de compassion et d’amour pour leurs prochains. L’enquête qui concerne 3119 Américains âgés de plus de 18 ans a été menée à la demande de l’Eglise épiscopale (anglicane)des Etats-Unis.  La moitié de ceux qui se décrivent comme non-religieux considèrent les chrétiens américains comme « suffisants », 55 % comme « hypocrites » et 54 % comme « portant facilement des jugements ». En fait il y a une « déconnexion fondamentale » entre la manière dont les chrétiens se présentent et celle dont les non-chrétiens les perçoivent. Ces chrétiens se disent pleins de compassion, de générosité, d’amour et de respect pour leurs prochains. Mais ceux qui appartiennent à d’autres dénominations religieuses ou qui n’ont pas d’appartenance religieuse considèrent les chrétiens comme « hypocrites, suffisants et arrogants » et persuadés de suivre les enseignements de Jésus. Malgré cela, , 84 % des personnes  interrogées (dont 50 % des sans religion ) reconnaissent que Jésus est une figure spirituelle importante. « Nous sommes encouragés par le fait que cette enquête montre que les Américains considèrent toujours que Jésus les fascine. » Le président de l’Eglise épiscopale, le révérend Curry, considère les résultats de l’enquête comme un appel à « se réveiller ». « Nous devons, avec ce que nous avons appris, faire l’effort d’être une église que se conduise comme Jésus et prendre modèle sur ses enseignements pour notre conduite. Ainsi, nous pouvons espérer provoquer un renouveau d’amour qui soit un encouragement pour tous les Américains à mieux aimer leurs prochains. » Et l’évêque Curry considère l’enquête comme « une tentative de notre Eglise [épiscopalienne] d’écouter ce que les autres nous disent sur Jésus, sur nous. Nous avons osé demander « comment sommes-nous perçus ? » L’enquête a aussi montré que le Covid avait eu de l’influence sur la vie spirituelle : par exemple que l’assistance aux services religieux était passée de 47 % à 37 % pour ceux qui  déclaraient les fréquenter une fois par mois. Autre résultat : la moitié des personnes interrogées déclarent qu’être dehors, dans la nature est la manière la plus épanouissante spirituellement, suivi par la prière et la charité.
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