This is a repeating event27 mai 2026 17h00
Avec Pascal Bruckner et Colombe Schneck
Résumé de l'émission
Nous sommes entrés dans l’ère de la chimère, les images ont perdu leur statut de représentation du réel. Reste l’écrit qui pourrait prendre la relève pour dire la réalité, et a fortiori celle de l’auteur ?
Dans notre monde au narcissisme débordant, raconter son vécu, ou celui de ses parents, mener l’enquête sur un passé dans ce qu’il aurait de plus réel, dans un pacte de sincérité avec le lecteur, semble être devenu le passage obligé de tout auteur. Récit, autofiction, roman vrai…
Ce qui compte, c’est de retrouver son moi au milieu des chimères.
Dévoilement ou au contraire construction du moi par le récit à l’échelle 1 : s’agit-il d’opposer vérité contre fiction ? Peut-on parler d’une forme de bannissement de l’imagination au profit de la mémoire et de la sincérité ?
Pour en débattre, Judith Housez invite le philosophe Pascal Bruckner, théoricien du narcissisme exacerbé de notre époque mais aussi auteur d’un très beau récit sur sa mère, intitulé De mère inconnue, et Colombe Schneck, dont l’oeuvre romanesque appartient au genre de l’autofiction.
Nos deux invités prônent un retour vers le réel grâce à l’écriture sur soi dans une méthodologie de l’enquête.
De quel « soi » s’agit-il quand on parle d’ « écriture sur soi » ? Quelle vérité du moi peut-on espérer ? On peut légitimement se demander ce qui pousse le lecteur à s’intéresser aux écrits égotistes. Une « pulsion du véridique » serait-elle à l’œuvre ? Le lecteur sé trouverait-il ainsi « piégé » par l’affirmation que ce qui est écrit est vrai ou véridique ?
Avec l’écriture sur soi, s’agit-il de fabriquer un moi, de le constituer plutôt que de l’exprimer ? Par-delà l’éternel exercice philosophique du « Connais-toi toi-même », dans un roman, le narrateur, le « soi », ne bascule-t-il pas en personnage de fiction ? A la fin, est-ce toujours la fiction qui l’emporte ?
– Pascal Bruckner, philosophe, romancier et essayiste
– Colombe Schneck, autrice et journaliste
– De mère inconnue, de Pascal Bruckner (Grasset, 263 pages)
– Philip & moi, de Colombe Schneck (Stock, 360 pages)
