La mémoire de la dépendance

27jan12h5513h00La mémoire de la dépendance12h55 - 13h00 AnimateurGueno Jean-PierreÉmissionInstants d’Histoire

Résumé de l'émission

La mémoire de la dépendance

Il y a la dépendance dont nous sommes responsables et celle que nous n’avons pas désirée. D’un côté les addictions de toutes natures, alcool, drogue, sexe, jeu, tabac, de l’autre celles qui ne sont jamais vraiment consenties : âge, vieillesse, handicaps divers. Les bébés et les grands vieillards sont à la fois physiquement et psychologiquement dépendants, inévitablement soumis à l’autre, à ceux qui les couvent ou qui les aident. Les « addicts » sont sous dépendance là où les juvéniles et les séniles sont dépendants. Les premiers ont besoin d’une thérapie, les autres de notre empathie. Et dans tous les cas de notre bienveillance, malgré l’égoïsme et l’irresponsabilité des addicts et la vulnérabilité des très jeunes et des très vieux qui parfois nous agace quand elle devrait nous attendrir. Il est une autre forme de dépendance, celle des pays et des populations en phase postcoloniale, et qui restent « sous emprise », sous domination bien après avoir été colonisées, c’est-à-dire vampirisées, puis décolonisés. Nous venons de définir le « néocolonialisme », un mécanisme sans doute majoritaire dans la génération de migrants, avec un autre mécanisme : celui de la détérioration du climat de notre planète, elle aussi mise « sous dépendance » alors même que nous dépendons tant d’elle. Tous les dépendants sont donc en danger, tous méritent notre assistance, sans quoi nous serions à la fois responsables et coupables de non-assistance à personnes en danger. Nous avons en fait tous un point commun : nous sommes tous sous la dépendance affective des autres. Notre « prochain ». Ce substantif ne devrait pas évoquer pas un autre substantif présent dans la chanson de Jacques Brel : « Au suivant ». Dans le mot « prochain », c’est le mot « proche » qui nous guette.

Jean-Pierre Guéno

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