Le lien de la belle langue

09déc12h5513h00Le lien de la belle langue12h55 - 13h00 AnimateurGueno Jean-PierreÉmissionLe souffle du Diable et le soupir de Dieu

Résumé de l'émission

Le lien de la belle langue

La lecture à voix haute de la « Papote », un livre pour enfant de la conteuse Yannick Jaulin publié par les Editions Didier jeunesse, lecture destinée à ma petite fille Louise qui ne sait encore lire que son prénom, m’a plongé dans la plus grande perplexité. Magnifiquement illustré, l’ouvrage véhicule une langue défectueuse et négligée qui viole les règles élémentaires de la grammaire en l’espace de quelques mots : « Quand elle est revenue à la maison avec la papote, ses sœurs lui ont crié dessus, elles l’ont rouspétée très fort ». On ne crie pas « sur quelqu’un » pas plus qu’on ne le rouspète.

On crie « contre » quelqu’un et par ailleurs, le verbe « rouspéter » n’est pas transitif. La Papote est un livre mal édité. C’est en effet à l’éditeur de signaler à ses auteurs les imperfections de leur prose. Surtout lorsqu’il s’agit de la transmission de la langue, de la syntaxe et de la grammaire à de jeunes oreilles. Mais il peut arriver que de jeunes stagiaires sous-payés ne perçoivent pas les imperfections du langage passées dans leurs propres usages. Ce relâchement de la belle langue caractérise également de nombreux périodiques destinés à la jeunesse. Si les livres d’initiation à la lecture sont mal écrits, dans un « mauvais français », c’est toute notre langue qui sera mal transmise. Cuisine ratée. La belle langue française mérite d’être bien transmise pour mieux être promue. Il faut développer une écologie du langage pour ne pas trouer sa couche d’ozone, Le tri sélectif des mots, du bon grain et de l’ivraie permet de ne pas transformer la langue en poubelle.

Jean-Pierre Guéno

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