Le lien des fossoyeurs et des bonnets d’âne

24fév12h5513h00Le lien des fossoyeurs et des bonnets d’âne12h55 - 13h00 AnimateurGueno Jean-PierreÉmissionInstants d’Histoire

Résumé de l'émission

Le lien des fossoyeurs et des bonnets d’âne

La France ne cesse de reculer dans le classement Pisa. Elle est passée depuis 23 ans des 15e et 11e rangs aux 23e et 25e en lecture et en mathématiques : plus de 40% des collégiens de sixième ne maîtrisent ni la lecture, ni l’écriture, ni le calcul. Le désastre touche aussi les enseignants, avec, d’un côté, la progression des démissions et la pénurie des recrutements, et, de l’autre, l’écroulement de leur niveau. Il comporte une dimension sociétale, avec la montée des inégalités, mais aussi l’explosion de la violence dans les établissements scolaires, qu’il s’agisse de rixes entre élèves, de harcèlement ou d’agressions contre les professeurs. Luc, Vincent, Benoit, Najat, Thierry, Jean-Michel, Pap, Gabriel et aujourd’hui Amélie : depuis quinze ans, les 9 ministres qui se sont succédés à la tête du Ministère de l’Education Nationale n’auront rien été d’autre que de paisibles fossoyeurs tranquilles et souvent irresponsables qui auront su parader devant les médias en revendiquant des réformes prétendument capitales. Ils doivent savoirs que leurs noms déjà oubliés rejailliront de l’histoire comme autant de tristes signatures responsables de la destruction minutieuse du système éducatif français. Non contents de continuer à dégrader le salaire des enseignants en faisant mine de les augmenter par de faux rattrapages, non contents d’avoir supprimé ou dégradé les filières de sélection et de formation spécifiques qui leur ont longtemps été dévolues, (Ecoles normales, IUFM…), non contents d’obliger les correcteurs du Bac à relever artificiellement le niveau de notation des copies pour revendiquer des statistiques de réussite dont ils se glorifient, non contents d’avoir massacré l’orientation des élèves au nom d’un faux égalitarisme, ils continuent à niveler l’institution qu’ils gouvernent par le bas et ils en viennent aujourd’hui à supprimer un nombre croissant de classes préparatoires littéraires tant à Paris qu’en Province. Le ministère de l’Education nationale est devenu depuis longtemps un canard sans tête, une créature décapitée qui ne cesse de divaguer. Les professeurs et les élèves sont devenus la cinquième roue d’une citrouille qui n’est pas vraiment sur le point de se transformer en carrosse et la fille de Cendrillon risque bien de ne jamais savoir correctement ni lire ni écrire. C’est une fée malfaisante dotée d’une baguette maléfique qui règne depuis bien longtemps sur le 110 rue de Grenelle.

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