Le lien du faux mouvement

10sep12h5513h00Le lien du faux mouvement12h55 - 13h00(GMT+02:00) AnimateurGueno Jean-PierreÉmissionLe souffle du Diable et le soupir de Dieu

Résumé de l'émission

Le lien du faux mouvement

 

Une revue technique du Groupe La Poste rappelait récemment que le mouvement n’a aucun sens par lui-même n’en déplaise à MC Solaar, l’auteur, le rappeur si talentueux lorsqu’il nous dit «bouge de là !». Pour avoir du sens, le mouvement doit s’aligner sur un but, sur des objectifs. De la même façon, l’innovation ou la « transformation » pour elles-mêmes n’ont aucun sens, sinon d’appartenir à des modes, à des tendances trop souvent autant éphémères que passagères.

Certains adeptes du mouvement pour lui-même ne sont rien d’autre que des agitateurs qui peuvent avoir tendance à se transformer en brasseurs de vent. Il leur arrive alors de se transformer en imposteurs, en illusionnistes. Le concept de « faux mouvement » ne désigne dans ce cas plus seulement un mouvement maladroit du corps entraînant accidentellement un dommage pour celui-ci, mais un simulacre d’activité. Le faux mouvement est aussi toxique que l’immobilisme et l’apathie. Et pourtant trop nombreux sont ceux qui gouvernent sous l’emprise du faux mouvement, qui bougent pour bouger, qui changent pour changer, se transformant ainsi en chevaliers de la réforme stérile et de l’instabilité. Plus pernicieux encore sont ceux qui font semblant de bouger. Ceux qui affirment qu’ils bougent alors même qu’ils restent dramatiquement statiques ou qu’ils régressent. Cet ensemble de paramètres explique sans doute une grande partie de la dégradation et du carambolage des services publics depuis 40 ans, et à sa source l’émergence de tant de prédateurs qui faute de souffle et de vrais projets de société deviennent des virtuoses de la destruction. Ils appartiennent à cette catégorie d’individus « pressés d’arriver » qui ne doutent de rien et roulent à trop vive allure sur la bande d’arrêt d’urgence des autoroutes qu’ils ont privatisées après nous les avoir vendues au risque de provoquer des suraccidents en percutant les ambulances et les dépanneuses. Ces chauffards de la gouvernance ont tendance à rouler de plus en plus vite pour n’aller nulle-part.

Jean-Pierre Guéno

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