Myriam Lemaire reçoit dans son émission “Dialogue”, Bertrand Badie, professeur émérite à Sciences Po Paris, reconnu comme l’un
de nos meilleurs experts en relations internationales.
Bertrand Badie est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages qui font référence, dont Vivre deux cultures, Comment peut-on naitre franco-persan ?, consacré à l’histoire de sa famille et Pour une approche subjective des relations internationales, deux livres qu’il nous avait présentés il y a quelques mois dans “Dialogue”. Il vient de publier Par-delà la puissance et la guerre, La mystérieuse énergie sociale, comme les autres aux éditions Odile Jacob.
Dans ce nouvel essai, il dénonce des lieux communs sur la puissance et la guerre et redonne à l’humain sa place essentielle. Il analyse les mutations de la puissance devenue “orpheline” qui “n’imprime plus ” et ne gagne plus les guerres, qui détruit, mais ne reconstruit plus comme elle le faisait auparavant.
Depuis 1945, la puissance est défiée par une “mystérieuse énergie sociale” qui recompose les relations internationales. Favorisée par la mondialisation et l’essor des communications, cette énergie sociale se déploie sous des formes variées et s’approprie la scène internationale. Elle s’est révélée avec force dans les guerres de décolonisation et lors de ces Printemps arabes que personne n’avait vu venir.
La remarquable résistance du peuple ukrainien depuis l’invasion russe, celle du peuple palestinien qui ne faiblit pas, les mobilisations en faveur de la Palestine à travers le monde, le soulèvement de la société iranienne, durement réprimé en janvier 2026, illustrent les processus de mobilisation sociale et leur internationalisation.
Bertrand Badie évoque le rôle de la jeunesse dans ces mobilisations, notamment l’engagement des étudiants sur les campus universitaires. La génération Z, très connectée et adepte des réseaux sociaux, est spontanément révoltée par l’injustice et l’indifférence et “porteuse de la lucidité de la société”.
À propos de la guerre menée par les États-Unis et Israël en Iran, Bertrand Badie pointe d’ailleurs l’ignorance et le mépris occidental à l’égard de ce pays et regrette l’indifférence et l’absence de compassion vis-à-vis du peuple iranien qui en est la victime, en particulier des enfants de l’école de Minab, tués par un bombardement américain le 28 février 2026, premier jour de l’offensive.
Un Dialogue stimulant avec ce spécialiste des relations internationales, humaniste et généreux.
Cette émission est à réécouter ci-dessous, et sur toutes les plateformes de podcasts.




