Derrière le fondateur du Festival d’Avignon se cache une aventure collective dans laquelle peintres, musiciens, graphistes et comédiens ont réinventé la scène française. Pour le découvrir, Déambulation vous emmène au Musée Paul-Valéry de Sète, à la rencontre de celles et ceux qui ont façonné l’idée contemporaine du théâtre.
Révolution ? Reconstruction ? Ou simplement une autre manière de concevoir le théâtre ? Jean Vilar fait partie de ces hommes qui ont transformé une discipline qui possédait déjà ses lettres de noblesse. Après la Seconde Guerre mondiale, alors que les arts se réinventent, une question se pose : pourquoi le théâtre resterait-il immobile ?
L’abstraction gagne les ateliers, les peintres bouleversent leurs habitudes, la couleur devient un langage. Vilar observe, s’inspire et surtout, s’entoure. Car on ne s’empare jamais seul d’un art qui en contient tant d’autres.
Peinture, musique, graphisme, costumes, écriture… chacun trouve sa place sur les tréteaux. Les peintres ne viennent plus décorer une scène. Ils participent à sa création. Les couleurs deviennent des acteurs, les costumes accompagnent le mouvement, les décors suggèrent plus qu’ils ne montrent. La lumière prend le relais. Le théâtre devient un dialogue permanent entre les disciplines.
À Sète, ville natale de Jean Vilar et de Paul Valéry, le Musée éponyme redonne leur place à ces compagnons de route. L’exposition Les compagnonnages artistiques de Jean Vilar dévoile des maquettes, des gouaches, des tapisseries, des costumes et des archives rarement réunis. Une manière de comprendre que derrière une représentation se dissimule toujours une œuvre collective.
Dans cet épisode de Déambulation, nous vous proposons de pousser les portes de cette exposition intitulée « Les couleurs de Jean Vilar » en compagnie d’Ingrid Junillon, sa commissaire. À travers les archives de Vilar, les souvenirs d’Agnès Varda, l’interview par Jacques Chancel et les témoignages recueillis sur place, se dessine le portrait d’un homme qui refusait d’être seul au centre de la scène. Lui qui allait jusqu’à dire qu’il fallait parfois « assassiner le metteur en scène » pour laisser vivre les autres créateurs.
Rendez-vous pour écouter cette émission le 30 juillet à 14 h sur le 100.7 FM et DAB+, et sur frequenceprotestante.com. Elle est ensuite disponible ci-dessous, et sur toutes les plateformes de podcasts.



