Aubusson. Un nom que l’on connaît souvent avant même d’y être allé. Il évoque la tapisserie, les métiers à tisser, les fils qui se croisent depuis des siècles dans les ateliers de la Creuse. Pourtant, derrière cette réputation patrimoniale se cache une réalité bien plus vivante qu’on ne l’imagine. C’est ce que révèle cette émission de Déambulation enregistrée à la Cité internationale de la tapisserie à l’occasion du dévoilement de George, œuvre monumentale de Françoise Pétrovitch.
Une tapisserie monumentale en hommage à George Sand
À l’occasion du 150e anniversaire de la mort de George Sand, la Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson a commandé une œuvre hors du commun : une tapisserie-ruban de 23 mètres de long sur 2,15 mètres de haut, confiée à Françoise Pétrovitch et tissée par la Manufacture Robert Four. Près de 8 000 heures de travail ont été nécessaires pour donner vie à cette pièce, qui traduit en fil les effets flottants et liquides du lavis de l’artiste. L’œuvre ne raconte pas la biographie de Sand. Elle en capte l’esprit : le paysage du Berry, l’eau omniprésente dans les romans sandiens, les figures féminines aux chevelures en cascade, le retour perpétuel au château de Nohant.
Un art millénaire pleinement contemporain
Des licornes médiévales de La Dame à la Licorne à la révolution de Jean Lurçat, en passant par Sonia Delaunay, la tapisserie n’a cessé de se réinventer. Inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO depuis 2009, elle reste un langage plastique en évolution, capable d’accueillir les gestes les plus contemporains. Cette commande publique artistique soutenue par le ministère de la Culture en est la démonstration la plus récente.
Les voix du projet
Françoise Pétrovitch revient sur le défi de transformer son univers pictural en une œuvre transmise à d’autres mains pendant deux ans. Sarah Chassain et Frédérique Battu, lissières à la Manufacture Robert Four, témoignent de ce que représente concrètement un tel chantier : avancer mètre par mètre sur une chaîne de 29 mètres, inventer des solutions techniques inédites, puis vivre la tombée de métier, ce moment unique où l’œuvre est vue entière pour la première fois. Alice Bernadac, conservatrice de la Cité, replace le projet dans sa dimension patrimoniale et politique.
George est exposée à la Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson du 9 juin au 20 septembre 2026.
Intervenantes : Françoise Pétrovitch (artiste plasticienne), Sarah Chassain et Frédérique Battu (lissières, Manufacture Robert Four), Alice Bernadac (conservatrice, Cité internationale de la tapisserie)
Un long format réalisé par Richard Casazza François en direct d’Aubusson
À écouter sur Fréquence Protestante 100.7 FM et DAB+ à Paris et frequenceprotestante.com le jeudi 3 septembre à 15 h 00.
Vous pourrez la réécouter ensuite ci-dessous, et sur toutes les plateformes de podcasts.




