James Woody rejoint Fréquence Protestante avec une émission au titre ambitieux : Liberté chérie.
L’écrivain Mathieu Laine est l’invité de cette première. Il vient de publier Les saisons de la liberté chez Grasset. Il n’y a ni alarme ni triomphalisme dans ce livre, juste une question, posée avec le sourire : pourquoi tant de gens, au fond, n’en veulent pas ?
Un grand-père mineur, qui ne descend pas dès l’enfance dans la fosse pour être envoyé à l’école. Un portrait de Montaigne par Stefan Zweig, écrit en exil, au Brésil, juste avant que celui-ci ne se donne la mort. Un roi de conte pour enfants qui interdit la musique. Ce sont les éléments que convoque Mathieu Laine pour parler de liberté, plutôt que les tribunes ou les programmes. La littérature d’abord, la politique ensuite.
Son almanach avance par saisons. L’été, quand la liberté est acquise et que l’on s’en détourne, par ingratitude plus que par calcul. L’automne, celui des hommes forts, qui promettent le grand coup de balai. L’hiver, qu’on préfère ne pas nommer. Et le printemps, qu’on peut, dit-il, atteindre sans passer par l’hiver, à condition que quelqu’un se lève. La France, selon lui, referme l’été et entr’ouvre l’automne.
Ce qui frappe dans l’entretien, ce n’est pas la thèse elle-même. C’est ce que Mathieu Laine refuse d’y mettre : pas de coupable unique, pas d’État à jeter d’un bloc, pas de nostalgie non plus. Juste ce constat, presque intime, qu’on peut recevoir la liberté et, très vite, s’en lasser. La Boétie le disait déjà. James Woody le rappelle, en Calviniste qui se méfie un peu de la nature humaine.
De cette conversation, on retiendra peut-être moins une réponse qu’une question, laissée volontairement ouverte : entre la sécurité et la liberté, laquelle accepte-t-on de perdre en premier ?
À réécouter ci-dessous, ou sur frequenceprotestante.com et sur toutes les plateformes de podcasts.



