juin, 2022

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13juin13h0013h15Actualité religieuse dans les médias13h00 - 13h15 Animateur: Castelnau Claudine Émission:Actualité religieuse dans les médias

Résumé de l'émission

La Convention baptiste du Sud est une dénomination chrétienne évangélique des Etats-Unis, fondée en 1845 en Géorgie, un Etat du Sud par des baptistes favorables au maintin de l’esclavage et en désaccord avec les baptistes du Nord des Etats-Unis qui eux étaient abolitionnistes, c’est-à-dire pour la suppression de l’esclavage. Après la guerre de Sécession, la plupart des églises baptistes afro-américaines (c’est-à-dire noires), du Sud se sont séparées de cette Eglise raciste et ont fondée la National Baptist Convention  en 1895. Ce n’est qu’en 1995, plus d’un siècle après sa fondation sur une base raciste, que la Convention baptiste du Sud a adopté une résolution reconnaissant l’échec de leurs ancêtres à défendre les droits civiques des Afro-Américains et en 2012 cette Eglise a connu une révolution : un pasteur afro-américain a été élu président de la Convention. Mais elle a connu une autre révolution, comme l’Eglise catholique et d’autres : reconnaître après des années de silence et de dénégation qu’une membre de la Convention baptiste du Sud avait été victime de viols (une trentaine dénonce-t-elle), par un pasteur lorsqu’elle suivait une instruction religieuse avec lui. Lorsqu’après des mois d’abus sexuels elle s’en était plainte à un autre pasteur de la paroisse, celui-ci lui avait recommandé « de ne plus parler de cela. Et alors que d’autres responsables de l’église savaient que ce pasteur me violait, il avait été simplement nommé dans une autre paroisse », témoigne-t-elle. Plusieurs années plus tard, quand je me suis dit que cela pourrait arriver à ma fille aussi, je me suis sentie obligée d’en reparler. J’ai alors raconté à 18 responsables baptistes comment j’avais été victime d’abus sexuels. J’avais des preuves, les gens savaient,  mais une fois encore personne ne m’a écoutée. Cela fait 15 ans que je demande à la Convention baptiste une réforme qui protégerait les enfants et les membres de la communauté », écrit-elle dans un manifeste à la veille du Synode de son Eglise ; Alors, est-ce un commencement d’une conversion de cette Eglise ? En mai dernier, après enquête, a été publiée une liste de ministres de cette Eglise, auteurs présumés d’abus sexuels. Dont le nom de celui qui l’avait agressée. « Cela signifie tellement pour nous les survivants ! écrit-elle, Protéger l’institution par le silence et la dénégation contre ceux qui sont victimes des leaders de cette institution c’est ajouter au fardeau des victimes, ceux que l’Eglise est supposée servir […] Mais il faut aussi que les accusations soient crédibles et que nous protégions à la fois les victimes mais aussi les leaders innocents. »

Les questions posées par Christa Brown seront sûrement débattues lors du Synode de son Eglise cette semaine…

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Le 27 mai dernier, l’Eglise orthodoxe d’Ukraine a proclamé son autonomie totale vis-à-vis de la Russie et du patriarche Kirill qui préside l’Eglise orthodoxe russe et reste un ferme soutien de Vladimir Poutine. Ainsi, le Kremlin vient de perdre ses derniers fidèles orthodoxes ukrainiens qui représentaient une part importante de ses fidèles  et de ses finances alors que les obus continuent de pleuvoir sur une partie du pays avec l’assentiment total de l’Eglise russe et de son patriarche. Rompre les liens entre le patriarcat de Moscou et l’Eglise orthodoxe russe  d’Ukraine, c’est de fait rompre des liens canoniques de trois siècles. En 2018, déjà, l’autre Eglise orthodoxe ukrainienne était devenue une Eglise autocéphale, indépendante, avec la bénédiction du patriarche Bartholomé de Constantinople, primus inter pares de l’orthodoxie, ce qui avait provoqué la rupture avec le patriarche de Moscou en rivalité avec Constantinople. A l’époque, le président ukrainien Porochenko (qui a précédé Volodymir Zelensky) s’était félicité de la « véritable indépendance de l’Ukraine vis-à-vis de Moscou » et de la naissance d’une nouvelle Eglise « sans Poutine » et sans prière pour l’armée russe », avait-il déclaré. Pendant longtemps, l’Eglise orthodoxe russe d’Ukraine a été perçue comme la cinquième colonne du Kremlin dans le pays et malgré ses efforts pour raisonner Moscou, sa position était devenue intenable depuis l’aggravation du conflit. C’est ainsi que le 4 juin dernier, le responsable des relations extérieures de cette Eglise orthodoxe russe d’Ukraine expliquait, dans une interview  au Journal du Dimanche que « Même en situation de guerre, l’Église se doit de respecter ses principes, comme celui consistant à adopter une attitude humaine envers les ennemis. Il se trouve que les régions où notre Église est implantée – l’est et le sud de l’Ukraine – souffrent de la guerre plus que les autres. Là-bas, les églises et les monastères sont victimes des bombardements, des civils et des militaires meurent. Et pourtant, depuis le début de la guerre, nous n’avons pas entendu de paroles de soutien du patriarche Kyrill de Moscou aux orthodoxes ukrainiens. » L’archiprêtre Mikoly Danylevitch relève aussi que depuis le conflit du Donbass en 2014, le chef de l’Eglise orthodoxe ukrainienne a appelé au dialogue et à la paix et rappelé que les croyants étaient « des deux côtés de la ligne de conflit.. De même après l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février, [les croyants orthodoxes d’Ukraine] attendaient une réaction similaire du  patriarche de Moscou  ». Mais rien n’est venu. Et l’archiprêtre ajoute : La Russie doit respecter l’indépendance et l’intégrité territoriale de notre État. Nous sommes convaincus que la guerre jusqu’au dernier soldat n’a pas de sens […] Tôt ou tard, les conflits se terminent par des négociations de paix. Et l’Église est appelée à tout faire pour qu’un tel moment arrive le plus tôt possible. » Et cet homme constate qu’en temps de guerre « il y a peu de place pour le compromis » avec l’Eglise orthodoxe ukrainienne indépendante mais que l’espoir de réconciliation demeure. https://www.lejdd.fr/International/pour-leglise-orthodoxe-russe-dukraine-la-guerre-jusquau-dernier-soldat-na-pas-de-sens4115627

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Le patriarche de Moscou, Kirill,  a tenté de minimiser le danger de cette annonce d’indépendance de l’Eglise orthodoxe russe d’Ukraine en accusant des « esprits du mal » qui se seraient ligués pour « faire en sorte qu’un gouffre sépare » les orthodoxes de Russie et ceux d’Ukraine.  En fait KIrill est connu pour ses diatribes contre un Occident décadent, réduit aux gays prides et faisant de l’Ukraine un lieu d’affrontement métaphysique entre le bien et les forces du mal. Et le président des relations extérieures du patriarcat de Moscou lui a emboité le pas en dénonçant  « des pressions sans précédent » sur le clergé et les fidèles de la part de « groupes extrémistes » et des « structures schismatiques », comprendre l’Eglise orthodoxe d’Ukraine du patriarcat de Kiev, désormais indépendante de Moscou. De là à voir dans ce « schisme » ukrainien « le « département d’Etat américain » il n’y a qu’un pas, franchi ! Quant à Kirill, ce sont des critiques politiques qui lui sont adressées comme son soutien à la guerre et non théologiques… Mais, la force de l’Eglise russe ukrainienne, c’est d’avoir  pris la décision de manière collégiale, une majorité déclarant ne plus vouloir dépendre du patriarcat de Moscou et de Kirill. https://www.lemonde.fr/international/article/2022/05/31/le-patriarcat-de-moscou-minimise-la-volonte-d-independance-de-l-eglise-orthodoxe-ukrainienne_6128297_3210.html

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L’archevêque catholique de San Francisco en Californie, le très révérend Cordileone, dont on dit qu’il est l’un des plus conservateurs des Etats-Unis a annoncé le 20 mai dernier qu’il interdisait à Nancy Pelosi, catholique, et présidente démocrate du Sénat de recevoir la communion dans son diocèse. En cause, son soutien au droit à l’avortement, et la défense de la fameuse loi Roe vs Wade que certains juges de la cour suprême voudraient abolir. l’archevêque a déclaré dans un communiqué officiel : «  Après de nombreuses tentatives pour  parler à Nancy Pelosi et pour l’aider à comprendre le grave mal qu’elle commet, le scandale qu’elle cause et le danger qu’elle risque pour sa propre âme, j’ai déterminé que le moment été venu de déclarer publiquement qu’elle ne doit plus être admise à la Sainte Communion à moins qu’elle ne répudie publiquement son soutien aux “droits” à l’avortement et confesse et reçoive l’absolution dans le sacrement de Pénitence pour avoir soutenu ce mal », a déclaré Cordileone dans une lettre aux membres de son archidiocèse. L’archevêque, qui s’est aussi opposé avec véhémence aux droits de LGBT avait déjà demandé que la communion soit refusé à ceux qui soutiennent le droit à l’avortement, mais il n’avait pas attaqué de front Nancy Pelosi, ni le président américain Joe Biden qui a la même attitude… Quant à Nancy Pelosi elle a réagi en dénonçant cette obligation faite à tous de suivre les enseignements catholiques et un sondage récent du Washington Post montre que 55 % des catholiques américains souhaitent que la loi Rose soit maintenue.

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