Le lien de l’épiphanie

09mar12h5513h00Le lien de l’épiphanie12h55 - 13h00 AnimateurGueno Jean-PierreÉmissionInstants d’Histoire

Résumé de l'émission

Le lien de l’épiphanie

Quand nous pensons à l’épiphanie, il nous faut songer aux rois mages, à ces monarques du voyage qui seraient aujourd’hui refoulés aux frontières par trop de mes coreligionnaires catholiques amnésiques et qui 33 ans plus tard, au moment de la mort du Christ seraient sans doute envoyés en EHPAD par les « relégateurs » de vieux. Melchior l’européen, Gaspard l’asiatique et Balthazar l’africain. Trois migrants sans papiers, sans escorte et sans gardes du corps. L’histoire a d’emblée « blanchi » Balthazar pendant mille ans. Il fallut attendre le Moyen Âge, où le culte des Rois mages devint populaire, pour que Balthazar commence à montrer des traits et une chevelure qui le rattachaient clairement à l’Afrique subsaharienne. Ce n’est ensuite qu’à la Renaissance que Balthazar apparaît définitivement en jeune Africain à la peau noire à l’époque où la traite négrière est en plein essor, et que des êtres transitent entre l’Afrique subsaharienne, l’Europe et les Amériques. A quand un christ ou une vierge noirs comme l’était peut-être l’apôtre Simon de Cyrène qui porta la croix de Jésus Christ ? L’église d’Éthiopie, qui est l’une des plus anciennes institutions chrétiennes, vénère un Christ noir. A Saint-Flour et dans toute l’Auvergne, des grands Christs romans et des vierges en majesté ont été noircis au 19ème siècle. On pense aujourd’hui que la peau de Jésus aurait été plus olivâtre que blanche ou noire, et qu’il aurait ressemblé à un Galiléen sémite typique. Parfaite tête de « basané », de « métèque » ou de « bougnoul » pour reprendre les injures de la discrimination raciale. A l’heure où l’on assiste à ce que le quotidien Libération baptise « La convergence des brutes », puisse l’épiphanie, fête chrétienne issue des célébrations païennes de la lumière, ne pas déboucher un jour sur les fêtes de la nuit.

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